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  EDITORIAL
MINISTRES DEVANT LES DEPUTES/ LES A-COTES QUI FONT MARRER
Les nouveaux ministres du Gouvernement Houngbo II étaient devant l’assemblée vendredi dernier pour présenter la Déclaration de Politique Générale. Au-delà du sérieux qui devrait marquer cette cérémonie solennelle, le palais des congrès avait fait l’objet des scènes qui devraient faire marrer les invités à cette cérémonie. Le décor, au niveau des ministres, le Premier Ministre devant comme accusé à la barre, derrière, les ministres assis en rangs d’oignons comme des ouailles, par ordre de grade, suivant le protocole. Les plus importants, à partir des Ministres d’Etat aux moins importants, aux ministres délégués.   Lire...
 
  

INTERVIEW / JEAN-DANIEL SETHO : « LES AFRICAINS DOIVENT PRENDRE CONSCIENCE QU’ILS SONT UNE FORCE »
Jean-Daniel SETHO, président de l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET), ne croit pas aux APE. Il parle du poids de son groupe dans l’économie togolaise, du secteur bancaire du pays, et livre son point de vue sur les politiques économiques africaines. L’homme, la cinquantaine, est le Précédent Directeur Général du Groupe CFAO Togo. Depuis qu’il a décidé de partir à la retraite, il se consacre à ses propres affaires. Manager redoutable, il a le réflexe des affaires et de la gestion des entreprises. C’est pourquoi il reste le Patron de l’Association des Grandes Entreprises du Togo, membre du Bureau du Patronat et de la Chambre consulaire du Togo. Rencontre avec le Magazine Les Afriques

 

 L’AGET surgit à un moment où le gouvernement togolais a entrepris un redressement global de l’économie du pays. Pourquoi ?

 

Jean-Daniel SETHO : Le Togo a traversé une longue crise et les sociétés en ont souffert énormément. L’économie étant en lambeaux, il est impérieux de relever ce défi.

 

D’où la nécessité, pour une trentaine de sociétés de renom, installées sur le territoire douanier, avec au moins 2 milliards FCFA de chiffre d’affaires pour les sociétés industries et au moins 500 millions FCFA pour les sociétés de services, de se regrouper.

 

   Quelle est la véritable mission que s’est donnée l’AGET ?

 

JDS : L’AGET est comme un syndicat qui fait des propositions et défend ses intérêts. Elle entend contribuer efficacement à l’évolution de l’environnement économique en étant un interlocuteur actif.

 

 Il faut exister et avoir du souffle pour aller au bout de votre vision. Comment voyez-vous les Accords de partenariat économique (APE) ?

 

JDS : Il faudrait que les pays du Sud réfléchissent bien pour savoir ce qu’ils veulent exactement. Je ne crois pas à ces Accords-là. Je dis, faisons nos propres accords d’abord, restructurons nos propres économies, fédérons nos économies et, après, on ira vers les autres. En Afrique, il y a plusieurs Etats qui ont des biens et services qu’on peut fédérer, regrouper et donner beaucoup plus de puissance aux regroupements comme la CEDEAO, la CEMAC, etc. Nous avons beaucoup de chose à revoir. Les Africains doivent prendre conscience qu’ils sont une force.

 

  En fait, quel est votre véritable poids dans l’économie togolaise pour nourrir une telle ambition ?

 

JDS : Nous contribuons de façon très significative à l’économie togolaise ! Notre contribution au PIB est forte et la valeur de nos projets cumulés d’investissements dépasse 92 milliards de francs FCFA.

« Ça urge d’assainir ce secteur et je crois que l’Etat s’y emploie énormément. Ce qui a coulé la plupart de nos banques, ce sont les prêts non remboursables, consentis, pour la plupart, vers des sociétés d’Etat. »

L’AGET contribue pour 32 milliards au budget de l’Etat, sous forme d’impôts et taxes, avec un chiffre d’affaires annuel cumulé supérieur à 150 milliards de FCFA.

 

  Pourquoi cette limitation aux seules grandes entreprises ?

 

JDS : C’est pour être efficace. Il faut noter que l’action que nous comptons mener ne va pas s’arrêter seulement aux grandes entreprises. Cette dénomination veut identifier les acteurs clefs de l’économie. Il n’y a pas d’exclusion. Nous voulons simplement nous identifier, par notre poids et notre contribution, à l’économie du pays.

 

 L’AGET s’est dotée d’un Livre Blanc, un document diagnostic de base de l’économie togolaise. Que dit ce livre ?

 

JDS : Vous ne pouvez pas participer à l’économie sans connaître l’état des lieux. Ce Livre Blanc, l’édition 2008, a fait l’état des lieux de l’économie togolaise dans toute son ampleur, dans tous les secteurs, dans tous les domaines. Nous avons essayé de passer au peigne fin toute l’économie du pays, secteur par secteur, les insuffisances et manquements et, ensuite, nous avons fait des propositions dans le sens d’un redressement de l’économie.

 

Quelle a été la réaction des autorités togolaises ?

 

JDS : Elles ont très positivement accueilli ce Livre. Il a été un succès pour nous, parce que nous ne nous attendions pas du tout à cet accueil si enthousiaste qu’ont réservé les autorités togolaises. Le Ministère de l’industrie et de la zone franche a même organisé, sur ce Livre, une journée portes ouvertes où plusieurs ministres sont intervenus chacun dans son secteur. Les institutions, dont la Banque mondiale, le FMI et le PNUD, ont reçu le Livre et le retour a été très positif. Nous avons reçu des satisfecit d’un peu partout.

 

Dans quel rapport allez-vous évoluer pour cette relance économique ?

 

JDS : En complémentarité. Nous sommes disponibles à tout moment où le gouvernement nous sollicitera. Au moment de l’élaboration du code des investissements, nous avons été associés. Pour l’élaboration des lois de Finances des exercices, il faut qu’on nous consulte sur certains points clefs. Nous voudrions une coopération avec le Ministère de l’économie et des finances du côté douanier et des impôts. Sur tout cela, nous restons en partenariat. Mieux l’économie est gérée, plus nous en tirerons profit également, puisque nos affaires seront sécurisées.

 

Et, que dit votre Livre Blanc sur le secteur de la finance et des banques ?

 

JDS : Nous avons fait des propositions. Ce secteur souffre énormément. Il faut le réorganiser, le privatiser. Mais, pour le privatiser, il faut assainir d’abord le portefeuille des banques. Il y a beaucoup d’ardoises et il faut voir s’il faut passer par la titrisation des dettes ou essayer de céder des parts importantes, comme l’a déjà fait l’Etat au niveau de certaines banques. Mais l’Etat doit se désengager rapidement. C’est un secteur qui est sinistré aujourd’hui. La place du Togo n’est pas une grande place, mais il y a beaucoup de banques. Ça urge d’assainir ce secteur et je crois que l’Etat s’y emploie énormément. Ce qui a coulé la plupart de nos banques, ce sont les prêts non remboursables, consentis, pour la plupart, vers des sociétés d’Etat.

 

Quelle grande entrave à la relance économique faudrait-il lever d’urgence ?

 

JDS : Il y en a plusieurs. Mais l’essentiel, c’est le règlement de la dette intérieure, qui est au-delà de 300 milliards FCFA. Pour relancer l’économie, il faut insuffler des ressources, et ces ressources passent par la dette intérieure où les sociétés sont presque mourantes. Elles ont fait des prêts au niveau des banques et ont même mis les banques en difficultés. Tant que ce problème de la dette intérieure ne sera pas réglé, l’économie ne partira pas. C’est l’urgence. Pour l’AGET comme pour les petits porteurs qui se sont endettés.

 

Source Les Afriques

ACP/Les Afriques
 
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