C’est au son des castagnettes et des chants de
réjouissance populaire que les militants et sympathisants de
la CDPA ont déclaré leur candidate à
l’opinion nationale et internationale. L’église presbytérienne de
Nyékonakpoè qui a abrité les travaux de cette convention nationale se
trouvait trop exiguë pour contenir la foule, une véritable marée humaine,
la plupart vêtue en rose qui est la couleur du
parti.
C’est devant cette auguste assemblée, composée
de militants et des représentants d’autres partis politiques tels que
l’Alliance, la
Nouvelle Dynamique Populaire que Brigitte
ADJAMAGBO-JOHNSON a été investie.
Habillée en rose des pieds jusqu’à la tête, les
mots ont manqué à la candidate pour exprimer sa satisfaction :
« Ce jour est mémorable dans l’histoire de notre pays, le Togo.
La CDPA, mon
parti, vient de poser un acte historique, en désignant une femme comme son
porte flambeau à l’élection présidentielle de 2010. Devant le peuple
togolais qui aspire au
changement, je voudrais vous dire chers camarades, combien je suis
fière d’appartenir à la
CDPA, et vous remercier pour votre confiance que vous
placez en moi », a martelé la candidate.
Dans son discours de circonstance Mme ADJAMAGBO a renchéri qu’en portant
son choix sur une femme, la
CDPA veux offrir aux Togolaises et aux Togolais, une
alternative pour tourner la page de 50 ans d’incompréhensions, de rancoeurs
de violences, d’assassinats et d’incertitudes en faisant référence aux 50
ans d’indépendance du pays.
Le parti s’insurge contre le manque de
démocratie et la précarité qui prévaut au Togo. C’est pourquoi il a placé
sa convention nationale sur le thème « Cap sur l’alternance, pain et
boulot pour tous ! » Ceci, pour dire que la CDPA est consciente des
défis qu’il y a à relever. Brigitte ADJAMAGBO a pris la mesure de la
chose : « Je réalise donc pleinement toute la portée de la
responsabilité qui m’attend si vous me faites confiance pour présider aux destinées de notre
pays », a-t-elle déclaré. Parlant de la capacité féminine,
elle a rappelé le rôle que les femmes togolaises ont eu à jouer dans les moments les plus
critiques du Togo, à savoir
leur révolte en Janvier 1933 pour la décolonisation, leur engagement dans
le processus récemment leur mobilisation en 2005 pour exiger le retour à la
légalité constitutionnelle.
Mme ADJAMAGBO entend faire en sorte que le
scrutin de 2010 ne soit pas un simple épisode de plus mais qu’il soit un
scrutin qui mettra fin au cycle
« élections-violence-dialogue ».
Pour elle, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre
pour le Togo et la préoccupation de ses filles et fils, au-delà de leurs
différences, doit être « le Togo pour tous et tous pour le
Togo ».
A l’endroit du corps électoral, la candidate
promet aux lendemains du scrutin présidentiel, un référendum sur une
nouvelle constitution qui définira désormais les bases d’une démocratie
véritable et apaisée, le choix des citoyens capables de le représenter dans
les villes et les contrées en rendant effective la décentralisation et la
mise en place des institutions stables susceptibles d’assurer un
fonctionnement régulier du pays.
Mme ADJAMAGBO veut s’employer à créer les
conditions favorables au retour des Togolais de la diaspora afin qu’ils
puissent apporter leur contribution à la construction du pays. Elle entend
en outre se battre contre les formes d’inégalités sociales et à faire de la
bonne gouvernance économique une réalité qui favorise une meilleure
répartition de la richesse nationale et un contrôle effectif de la gestion
des décideurs par les citoyens.
Le secrétaire général de la CDPA, Léopold Messan
GNININVI a justifié le choix porté sur Mme ADJAMAGBO en des termes
clairs.
Pour lui Mme ADJAMAGBO n’est pas une dame qu’on
met pour décorer une salle de théâtre ; elle a déjà démontré ses
compétences : « A chaque occasion, nous essayons
d’identifier la bonne personne à mettre à la bonne place. C’est pour cela
qu’ensemble avec les camarades, nous l’avons investie non pas comme une
fleur qu’on met sur une table pour la décorer mais c’est parce qu’elle est
capable. Lorsqu’il s’agit de danser, on prend le meilleur danseur et
lorsqu’il s’agit de chanter, on prend le meilleur chanteur »
a-t-il avoué avant d’ajouter que « vu l’enjeu et la situation de surplace que
nous faisons depuis deux décennies, il faut trouver la solution idoine pour
débloquer la situation. Une femme est bien placée pour faire cela. Pour que
la paix et la bonne entente reviennent entre les Togolais, je pense que Mme
ADJAMAGBO est très efficace pour faire ce travail » a-t-il
conclu.
CURRICULUM VITAE DE LA
CANDIDATE DE LA
CDPA A L’ELECTION PRESIDENTIELLE
2010
Son
parcours
Née le 26 décembre 1958 à Bassar, Kafui Brigitte
ADJAMAGBO-JOHONSON est la fille de feue Cornélie et du feu Dr Paul
ADJAMAGBO. Titulaire d’un Doctorat en droit, sa carrière politique démarre
aux lendemains du 5 octobre 1990, avec son engagement dans la CDPA, comme membre
fondatrice.
En 1991, elle est élue au poste de Rapporteur
Général du Bureau Provisoire de la Conférence
Nationale Souveraine, d’où elle hérita du surnom « le
Président me charge de dire ». Elle siègera très brièvement au Haut
Conseil de la
République (HCR), avant d’être nommée Ministre du Bien
être social, des Droits de l’homme et de la Solidarité nationale
dans le 1er Gouvernement de Transition. Comme pour son
franc-parler et ses positions fermes en faveur de la démocratie et des
droits de l’homme, elle n’est plus reconduite dans le nouveau gouvernement
formé après l’attaque de la primature en décembre
1991.
Partisane du slogan de Tchékpo,
« Démocratie d’abord, multipartisme après », elle poursuivra la
lutte pour un Togo debout, luttant sans défaillance, non seulement au sein
de son parti, la
CDPA, mais aussi dans la société civile, en l’occurrence
le Collectif des Associations Féminines (CAF). Sa ténacité ne sera en rien
ébranlée : ni par les nombreux coups portés au processus démocratique
par un régime ultra conservateur qui s’est employé alors à gommer les
acquis de la lutte populaire, ni par les turpitudes d’une opposition qui
n’a pu saisir les opportunités qui s’offraient à elle pour mettre fin à un
système archaïque dans lequel le peuple togolais ne se reconnaît
plus.
De l’expérience acquise de son passage au
gouvernement et des actions menées au sein de la CAF, elle s’est forgée la conviction
que : « agir uniquement dans les sphères du pouvoir n’est pas
suffisant pour générer un changement durable au Togo ». Elle s’active
alors avec un groupe de femmes venant de tout horizon politique, pour créer
en 1992, le Groupe d’action et de réflexion Femmes, Démocrate et
Développement (GF2D), dont elle a été la Secrétaire
Générale jusqu’en 1997.
Aujourd’hui, Kafui Brigitte ADJAMAGBO-JOHNSON,
continue son combat pour les droits de l’homme au sein du WILDAF/FEDDAF
(Femme Droit et Développement en Afrique), comme Coordonnatrice sous
régionale pour l’Afrique de l’Ouest. Son engagement au niveau régional, l’a
conduite à occuper plusieurs autres postes de responsabilité,
notamment :
- Membre du Conseil d’Administration du Forum international de
Montréal, de 1999 à 2001 ;
- Membre du Comité Consultatif de African Women Developpement Fund
(AWDF), depuis 2001 ;
- Présidente du Forum de la société civile de l’Afrique de l’ouest
(FOSCAO) de 2004-2006
Son
rôle au sein de la
CDPA
Membre fondatrice de la CDPA, la camarade Brigitte, intègre
le Comité Directeur du parti en 2004, comme commissaire chargée des
questions féminines. En septembre 2009, elle présida le 4ème
congrès statutaire de la
CDPA, qui l’élut au sein du Bureau National, comme
2ème Secrétaire Nationale chargée de l’implantation et des
adhésions ; poste qu’elle occupe jusqu’à ce
jour.
Brigitte ADJAMAGBO-JOHNSON est mariée et mère de
famille