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  EDITORIAL
MINISTRES DEVANT LES DEPUTES/ LES A-COTES QUI FONT MARRER
Les nouveaux ministres du Gouvernement Houngbo II étaient devant l’assemblée vendredi dernier pour présenter la Déclaration de Politique Générale. Au-delà du sérieux qui devrait marquer cette cérémonie solennelle, le palais des congrès avait fait l’objet des scènes qui devraient faire marrer les invités à cette cérémonie. Le décor, au niveau des ministres, le Premier Ministre devant comme accusé à la barre, derrière, les ministres assis en rangs d’oignons comme des ouailles, par ordre de grade, suivant le protocole. Les plus importants, à partir des Ministres d’Etat aux moins importants, aux ministres délégués.   Lire...
 
  

INFOS SUR LA FUSILLADE DE CABINDA/ DEUX ARRESTATIONS, UNE BALLE RESTE DANS LE CORPS D'OBILALE, LA CAF ACCUSEE…
(ACP-Inter) La police angolaise a arrêté deux personnes dans l'enclave angolaise du Cabinda après l'attaque meurtrière de vendredi contre l'équipe de football du Togo. Le point complet sur ce drame qui perturbe l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations 2010 (CAN). L'attaque s'est produite dans l'enclave angolaise du Cabinda, à quelques kilomètres de la frontière avec le Congo Brazzaville. A Lomé, l’émotion est grande alors que de plus en plus, les yeux sont rivés sur la Confédération Africaine de Football (CAF) accusée de légèreté et d’irresponsabilité dans le choix de l’Angola et la gestion de la fusillade contre les Togolais

Deux suspects ont été arrêtés dimanche par la police angolaise dans l'enclave du Cabinda. Leur identité reste mystérieuse. Le Procureur de la province du Cabinda s'est contenté d'annoncer leur arrestation sur les ondes de la radio nationale, sans donner plus de détails. Selon l'agence d'Etat Angop, il s'agit de deux séparatistes cabindais, «capturés sur les lieux» de la fusillade, sur la route de Massabi qui relie la province du Cabinda au Congo-Brazzaville.

Les Eperviers ont quitté dimanche soir leur camp de base à Cabinda pour rejoindre Lomé, la capitale du Togo. Leur avion a atterri vers minuit. L'équipe a été accueillie par le Premier Ministre Gilbert Houngbo. Plusieurs Ministres du gouvernement, ainsi que des parents des victimes étaient également présents. Plusieurs centaines de supporteurs étaient également massés à l'entrée du salon d'honneur de l'aéroport pour les accueillir. L’émotion était grande.

Le bilan de l'attaque oscille toujours entre deux et trois morts. Deux membres de l'encadrement des Eperviers sont décédés des suites de leurs blessures. Abalo AMELETE, l’entraîneur adjoint et Stanislas OCLOO le Chargé à la Communication. Mais le doute persiste sur la mort du chauffeur du bus. Il avait été annoncé mort par différentes sources vendredi. Mais un journal angolais annonçait dimanche qu'il serait bien vivant. «Il va bien. Il est conscient et arrive à décrire tout ce qui s'est passé », déclare le secrétaire provincial de la santé à Cabinda.

Quant au gardien de but de la sélection togolaise, Kodjovi Obilalé, blessé durant l'attaque, il a été déclaré lundi «complètement hors de danger» par l'un des chirurgiens qui l'ont opéré à Johannesburg, en Afrique du Sud, où il avait été transféré. Les médecins précisent qu'ils surveilleront ces prochains jours les risques d'infection, ajoutant que la balle ayant atteint le footballeur dans le bas du dos et à l'abdomen n'a pas pu être extraite.

 

• Qui est à l'origine de l'attaque ?

 

Les Forces de libération de l'Etat du Cabinda-Position militaire (Flec-PM), groupe né en 2003 d'une dissidence du principal mouvement séparatiste, le Front de libération de l'enclave du Cabinda (Flec), ont revendiqué cette action et menacé de mener d'autres attaques.

 

Un dirigeant du mouvement séparatiste exilé en France, Rodriguez Mingas, a expliqué sur France Info que les rebelles visaient les soldats angolais accompagnant l'autocar. «La guerre va continuer, tous les coups sont permis pendant la guerre», a-t-il prévenu.

 

Il a confirmé que «deux mois avant le début de la CAN », les rebelles avaient envoyé des courriers au président de la Confédération Africaine du Football Issa Hayatou pour l'informer «du danger qu'il peut encourir en organisant la CAN». Tout en précisant que «cela ne fait que commencer».

 

La réaction du Quai d'Orsay a été immédiate. «Ces propos sont inacceptables, et nous les condamnons fermement. Ils ne resteront pas sans suite», a assuré Bernard Valéro, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. «L'appel à la violence, l'incitation à la violence ne peuvent pas être justifiés par aucune raison que ce soit, et nous condamnons vigoureusement les propos de ce personnage».

 

La Coupe d'Afrique des Nations est-elle menacée ?

 

Malgré les avertissements du Flec-PM et les appels à annuler la compétition, les autorités angolaises et la Confédération africaine de football (CAF) ont décidé de poursuivre la CAN, qui s'est ouverte dimanche soir à Luanda sur un match nul 4-4 entre l'Angola et le Mali et doit s'achever fin janvier. Le gouvernement a promis que la sécurité des équipes serait garantie, tant à Cabinda que dans les trois autres villes-hôtes, Luanda, Benguela et Lubango.

 

 

Pourquoi il ne fallait pas choisir l'Angola pour accueillir la CAN

 

 

L'attaque terroriste perpétrée le 8 janvier contre le car des joueurs de l'équipe nationale togolaise dans l'enclave angolaise de Cabinda a légitimement choqué le monde du football et au delà. Sans prétendre le prédire, ce type d'événement condamnable n'est pas surprenant pour autant.

En septembre 2006, soit seulement quatre années après la fin de la guerre civile ayant ravagé le pays pendant un quart de siècle, l'Angola a été désignée par la Confédération africaine de football (CAF) pour organiser cette 27e Coupe d'Afrique des nations de football, la principale compétition sportive africaine. Ce choix était à l'époque et reste aujourd'hui assez incompréhensible.

 

Le choix de l'Angola pour accueillir la CAN? Incompréhensible.

 

Si certains Etats africains comme le Rwanda ont pu réactiver des infrastructures correctes après des tragédies, il n'en est rien en l'Angola :

 

•les routes sont en très mauvais état

•les transports publics quasi-inexistants

•la corruption y est endémique

•les mines anti-personnelles encore bien présentes

•l'insécurité galopante est aggravée par la grande quantité d'armes en circulation au d'une société à peine sortie de la guerre.

A cela s'ajoute des procédures d'entrées extrêmement complexes puisque l'Angola est l'un des rares Etats à ne pas délivrer de visas de tourisme, ce qui pose des problèmes aux éventuels supporters africains et européens qui souhaiteraient assister à la compétition.

 

L'Angola possède du pétrole, beaucoup de pétrole

 

En revanche, le pays possède du pétrole. Beaucoup de pétrole, notamment des installations off-shore dans l'océan Atlantique qui ont attiré de nombreux investisseurs étrangers. La conséquence a été l'envol des prix de l'immobilier.

 

Et si à Luanda, la capitale, l'écrasante majorité de la population exclue des retombées de la manne pétrolière, vit avec moins de deux dollars par jour, le mètre carré des nouveaux appartements qui prolifèrent depuis quelques années se négocie autour de 10 000 euros.

 

La CAF porte donc une lourde responsabilité dans l'attaque du car togolais, car elle a choisi l'Angola en connaissance de cause. D'ailleurs, pour la première fois, elle a également désigné les hôtes des deux prochaines éditions :

 

•au Gabon et en Guinée équatoriale en 2012 où l'exploitation récente du pétrole a créé de nouvelles opportunités économiques

•en Libye en 2014 où la fin de l'isolement du régime de Khadafi nourrit de grands intérêts économiques à l'étranger.

Gabon, Guinée équatoriale, Libye sont donc choisis pour les prochaines coupes

 

Et au cas où l'un de ces Etats ne serait pas en mesure d'accueillir la compétition, le Nigeria, autre Etat pétrolier à la corruption et à l'insécurité avérées, comblerait le vide.

 

Certes, le choix à l'avance des Etats hôtes pour une compétition ayant lieu tous les deux ans est une nécessité, notamment pour négocier les droits TV de plus en plus élevés, surtout au regard de la popularité grandissante du football africain.

 

Mais de nombreux problèmes de billetterie, la difficulté à remplir les stades à cause du faible pouvoir d'achat des populations locales et les problèmes traditionnels d'accueil des différentes délégations ont été récurrents lors des dernières CAN, qui se tenaient pourtant dans des Etats plus développés (Egypte en 2006, Ghana en 2008).

 

D'où une question simple : quel(s) intérêt(s) pour la CAF à choisir des Etats regorgeant de pétrole, au détriment de la qualité de l'accueil, de la sécurité de tous et finalement de l'idée que l'on est censé se faire du football, et du sport en général ?

 

Source Le Figaro et Rue 89

ACP-Inter
 
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