Le Forum National du Paysan Togolais initié et désormais consacré comme un
évènement annuel par le Chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé pour un
dialogue et une concertation permanente avec les paysans en vue de la
relance économique du pays, a réuni ces derniers à l’Institut National de
Formation Agricole (INFA) de Tové à Kpalimé sur le thème :
« Le FNTP : un espace d’expression démocratique pour un
développement agricole durable ». Cette deuxième édition est
marquée par l’augmentation du nombre de participants et de lauréats, la
participation du Conseil National de la Jeunesse et par l’implication
du ministère de l’environnement et des ressources forestières. Cérémonie
d’ouverture, conférences débats, travaux en atelier, projections de films,
sketchs et visite de stands ont meublé les travaux.
L’ouverture a été marqué notamment par le mot de
bienvenue du préfet de Kloto M. Allagbé Kokou, du président du comité
national d’organisation, M. Konlani Kombaté Dindiogue, et du représentant des agriculteurs, M.
AYENU Koffi, interventions suivies du discours d’ouverture du ministre de
l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, M. Messan Kossi
EWOVOR.
Les travaux et les
conférences
Quatre conférences-débats ont constitué les
points forts de la première journée.
« Les paysans togolais au centre de la
relance économique du Togo : presque un an déjà, quel
parcours ? » Ce thème a été présenté par Baba Djabakaté qui a
passé en revue la mise en œuvre des principales recommandations et
engagements de la première édition du FNPT et a dressé le bilan de la
campagne agricole 2009/2010. Ainsi des excédents ont été enregistrés durant
cette campagne agricole selon l’orateur. Il ressort des débats que la
maîtrise de l’eau constitue de plus en plus une préoccupation pour
l’agriculture togolaise. Des préoccupations soulevées en matière d’engrais
ont été renvoyées pour étude en ateliers.
Le deuxième conférence a porté sur
« l’amélioration du circuit de distribution des engrais et la commercialisation efficace des
produits agricoles ». Au cours de cet exposé le conférencier, M. Olou
Agara Salifou a fait le point sur la situation actuelle du circuit de
distribution des engrais et la commercialisation des produits agricoles. Il
a proposé des stratégies en vue de leur
amélioration.
Pour la commercialisation des produits
agricoles, il est à noter de façon générale que les plus grands
bénéficiaires du circuit de distribution sont les commerçants et les
intermédiaires. Il faut une meilleure organisation des paysans et un appui
accru à l’Agence Nationale pour la Sécurité
Alimentaire au Togo (ANSAT) pour servir d’intermédiaire
entre les paysans et les commerçants. La troisième conférence a porté sur
« la sylviculture comme source de financement de l’exposition
agricole » a débouché sur les débats qui se sont focalisés sur les
initiatives en agroforesterie. Il est ressorti l’intérêt de créer un cadre
adéquat de gestion consensuelle et contractuelle des terres entre l’Etat,
les propriétaires fonciers et les agriculteurs de manière à développer des
zones d’aménagement agricole planifiées intégrant à la fois la sylviculture
et l’agriculture. Les participants ont convenu que l’aspect genre devrait
être pris en compte dans l’accès à la terre.
La dernière conférence sur le « Programme
National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire » a été
présentée par le secrétaire général du Ministère de l’Agriculture, de
l’Elevage et de la
Pêche, M. Tchémi Tchambi Aurélien. Celui-ci a situé
l’historique, les fondements et les composantes de ce
programme.
Ainsi sur les 600 milliards de FCFA nécessaires
pour la réalisation de ce programme à l’horizon de 2015, 284 milliards sont
à rechercher.
A cet effet une conférence internationale sera
organisée le 4 février prochain afin de solliciter la contribution des
partenaires techniques et financiers. Pour la mise en œuvre totale du
programme, il est souhaité une implication des paysans au
processus.
Une projection de film qui a porté sur
l’importance du respect des itinéraires techniques pour une meilleure
production du riz irrigué au Burkina Faso et au Mali a sanctionné la
journée.
Au deuxième jour, les participants se sont
répartis en cinq ateliers à savoir « Production végétale
vivrière », « Intrants agricoles notamment les engrais »,
« Cultures de rente : coton, café, cacao » et atelier des
« Jeunes producteurs ».
Ces différents ateliers étaient animés par les
paysans qui ont évalué la mise en œuvre des engagements et recommandations
de la première édition, formulé des recommandations à l’endroit de l’Etat
et pris des engagements pour la campagne 2010-2011.
Des dispositions prises
par l’Etat et les producteurs
L’Etat togolais a mis à la disposition des
agriculteurs 30 000 tonnes d’engrais distribués dans 108 points de
vente, décidé la subvention des engrais à plus de 50%, la vente à crédit de
semences améliorées de riz et de maïs, le déploiement de 160 tracteurs
équipés sur l’ensemble du territoire.
Les producteurs ont formulé les recommandations
à l’Etat parmi lesquelles la mise en place d’un système adéquat
de financement de l’agriculture, d’un cadre juridique pour faciliter
l’accès à la terre à tous surtout aux femmes et aux jeunes, etc.
Les producteurs quant à eux, s’engagent à
poursuivre les efforts pour asseoir des organisations professionnelles
viables, faire bon usage des infrastructures et équipements mis à leur
dispositions par l’Etat, s’impliquer à tous les niveaux pour l’expression
des besoins et de la distribution ainsi que l’utilisation à bon escient des
intrants agricoles surtout l’engrais, augmenter de 10% la production des
céréales, œuvrer à la relance effective des cultures de rente, appuyer les
services de l’environnement à lutter contre les feux de brousse et la coupe
anarchique des arbres entre autres. Les participants ont ensuite effectué
une visite commentée des stands.
Le Chef de l’Etat était
au rendez-vous
Le troisième jour du forum était placé sous le
haut patronage du Chef de l’Etat. Il a procédé à la décoration d’une
quarantaine de participants. Ainsi 30 producteurs et 10 techniciens ont été
faits « officiers de l’Ordre du mérite agricole ». Faure
Gnassingbé a promis aux producteurs le rabais du prix du sac de
50
kg d’engrais de 11 000F à 10 000F
CFA.
Il s’est livré aux questions des producteurs qui
l’interrogeaient filière par filière.
Il a par ailleurs récompensé 350 lauréats qui
ont reçu des dons en matériels (tracteurs, motoculteurs, motopompes,
matériels de pêche, d’élevage) et en numéraire avant de visiter les
différents stands dressés par les producteurs dans le cadre de ce forum. Le
président a aussi annoncé que 10% du budget 2010 seront alloués au secteur
primaire.
Les pays étrangers ont
salué l’initiative
Le forum a connu la participation des invités
des pays voisins comme le Bénin et le Burkina Faso. Ainsi Mme Oumolara
Adjadji, directrice de la Promotion de la législation rurale qui
représentait le ministre béninois de l’agriculture, a félicité les
autorités togolaises pour leur initiative et promis que son pays emboîtera
le pas togolais.
Le représentant du ministre burkinabé de
l’agriculture Dr. Abdoulaye Kombari a dans son allocution de circonstance
déclaré que « tout citoyen devant son repas devait se rappeler de
l’importance de l’agriculture et de tous les acteurs qui concourent au
succès de cette activité » avant d’ajouter que son pays s’apprête à
organiser en Mars prochain la quatorzième édition de ce
Forum.
Le ministre togolais de l’agriculture, Messan
Kossi EWOVOR dans son discours de clôture a indiqué la voie du dialogue
pour la résolution des problèmes des agriculteurs : « les
problèmes des agriculteurs ne peuvent être traités de façon isolée ni par
les agriculteurs, ni par l’Etat ni par les partenaires techniques et
financiers. Ils ne peuvent l’être que par un dialogue permanent avec les
producteurs. Ce thème a été retenu pour dire que la première édition
n’était pas un hasard mais qu’il s’agit d’une réelle rupture pour consacrer
un dialogue franc, libre et démocratique avec les producteurs pour que le
Chef de l’Etat puisse savoir de la part des acteurs ce qu’ils doivent faire
pour engager un développement agricole
durable. »
Le forum national du paysan togolais a pour
objectif principal d’instaurer un cadre permanent d’échanges entre le chef
de l’Etat et les producteurs d’une part, et entre les professionnels du
monde rural d’autre part sur les sujets d’intérêts communs relatifs au
développement des activités agricoles, pastorales, hydrauliques,
halieutiques et sylvicoles.