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  EDITORIAL
MINISTRES DEVANT LES DEPUTES/ LES A-COTES QUI FONT MARRER
Les nouveaux ministres du Gouvernement Houngbo II étaient devant l’assemblée vendredi dernier pour présenter la Déclaration de Politique Générale. Au-delà du sérieux qui devrait marquer cette cérémonie solennelle, le palais des congrès avait fait l’objet des scènes qui devraient faire marrer les invités à cette cérémonie. Le décor, au niveau des ministres, le Premier Ministre devant comme accusé à la barre, derrière, les ministres assis en rangs d’oignons comme des ouailles, par ordre de grade, suivant le protocole. Les plus importants, à partir des Ministres d’Etat aux moins importants, aux ministres délégués.   Lire...
 
  

PRESIDENTIELLE 2010 : GILCHRIST BOULEVERSE LES TENDANCES
(ACP-Inter/20/01/10) Les candidatures à l’élection présidentielle du 28 février 2010 viennent d’être bouclées à la Commission Electorale Nationale Indépendante. Huit candidats ont été proclamés par la CENI, surprise, le leader de l’Union des Forces de Changement (UFC) Gilchrist Olympio ne figure pas parmi les présidentiables de 2010. C’est le Secrétaire Général de l’UFC, Jean Pierre Fabre qui est le candidat de ce parti de l’opposition. Vite, les spéculations s’engagent, les manipulations et aussi les intoxications vont bon train. Le tableau électoral est bouleversé, les calculs perturbés. A l’UFC, c’est le clash, le parti au pouvoir le RPT lui jubile face à cette mise à la retraite naturelle de Gilchrist Olympio, mais craint le pire, Jean Pierre Fabre. Quant au parti de Me Yawovi Agboyibo, c’est le soulagement. Une menace et une inquiétude de moins, susurre-t-on au sein de ce parti. Analyse d’un rebondissement politique qui recentre le débat de l’alternance politique et la candidature unique de l’opposition.

 

 

 

 

12 janvier 2010, 72 heures juste avant la clôture du dépôt des candidatures, des rumeurs circulent, qui deviennent bientôt des clameurs. Gilchrist Olympio, le leader charismatique de l’Union des Forces de Changement, opposant farouche au régime RPT demande à la CENI de bien vouloir lui accorder une dérogation spéciale sur la date de son dépôt de candidature. Une requête qui naturellement recevrai une fin de non recevoir. Gilchrist Olympio, dit-on a mal au dos et est stabilisé aux Etats-Unis. Impossible d’effectuer un quelconque voyage pour effectuer les démarches finales pour le dépôt de sa candidature.  

Dans les coulisses, on apprend que c’est plus grave qu’un simple mal de dos comme annoncé à la conférence de presse. Le leader de l’UFC a des complications sur toute la région lombaire et a des douleurs abdominales aiguës. Sans doute les séquelles de l’agression dont il a été victime en mai 1993 à Soudou où un commando, dirigé par le défunt Ernest Gnassingbé a arrosé son convoi d’un arsenal de guerre sophistiqué. Transporté à Paris, Gilchrist s’en est sorti avec des organes artificiels qu’il traîne depuis près de 20 ans.

Gilchrist, au-delà de sa maladie, a pris suffisamment de l’âge. Septuagénaire, il n’est pas très évident que ce leader puisse encore maintenir le cap à la tête d’un parti. Certes, son nom et sa personne soulèvent les foules qui se mobilisent autour de son charisme. Mais il est arrivé à insuffler au parti ce charisme qui fait de l’UFC le parti le plus populaire, avec ou sans Gilchrist Olympio. Le débat s’est suffisamment nourri, au sein du parti, en dehors du parti et au sein des autres partis. Aujourd’hui, Gilchrist est du moins provisoirement mis dehors, une situation qui suscite des réactions diverses.

 

LE CLASH A L’UFC

 

L’Union des Forces de Changement (UFC) est ébranlée par une crise interne sans précédent depuis le dépôt de la candidature du secrétaire Général. Celle qui oppose la branche de la jeune génération incarnée par Jean Pierre Fabre au leader, Gilchrist Olympio. L’un des indicateurs de cette crise interne est la dernière sortie du président national de l’UFC depuis les Etats-Unis pour exprimer le maintien de sa candidature en dépit de celle de Fabre. Une déclaration qui présente le malaise qui prend de l’ampleur au sein de son parti.

Il est vrai, la candidature de Gilchrist Olympio suscite remous et inquiétudes au sein du parti. Il est vieux, il est malade et il lui arrive très souvent de faire des déclarations inopportunes qui affectent l’image du parti. La gestion des victoires successives aux élections présidentielles précédentes ont démontré à la classe politique et surtout à certains partis de l’opposition que le leader de l’UFC a une limite dans la gestion du parti.  Certains leaders politiques, notamment Me Yawovi Agboyibo a toujours conçu que Gilchrist Olympio est l’obstacle à l’alternance.

Logiquement, c’est le Président National de l’UFC qui est le candidat investi par le congrès. Mais d’après nos investigations, Jean-Pierre Fabre a été investi par des membres du conseil national et ceci le 14 janvier 2010, à la veille même de la clôture des candidatures. Une attestation d’investiture signée par le Premier vice-Président, Patrick Lawson qui aurait servi à constituer le dossier de Fabre à la CENI.  L’atmosphère est donc aujourd’hui  très malsaine au sein de ce parti, surtout que tout se passe aujourd’hui sans Gil qui a été toujours l’épicentre des décisions du parti.

Jean Pierre Fabre est conçu au sein de l’UFC comme le moindre mal pour inspirer confiance à la base. Il maintient son ton radical, parfois plus radical que celui du patron, il draine une majorité de jeunes de radicaux qui sont acquis à sa cause et il a le mérite de croire en ce qu’il fait avec conviction et détermination. L’annonce de sa candidature peut jouer sérieusement sur l’échiquier. Hier, c’était le leader lui-même qui disparaissait et qui tenait des propos assez impopulaires au lendemain de la proclamation des résultats qui lui arrachaient la victoire. Gil a été toujours accusé de ne point arriver malgré le peuple qui le soutient, à mutualiser la victoire. Avec Fabre, ce sera sans doute tout autre. C’est la revendication musclée, c’est le boycott du dialogue d’après contentieux électoral, c’est le jusqu’auboutisme politique.

Seulement, le secrétaire Général de l’UFC est considéré par une partie des militants comme un peu trop arrogant dans ses propos et moins sage et riche en politique. D’autres réfutent cet argument en arguant que depuis son entrée au parlement, Fabre arrive à concilier le ton radical au professionnalisme politique. Il a acquis l’expérience depuis 2007 et peut faire l’affaire face à Faure Gnassingbé pour revendiquer la victoire si elle est sienne.

Du coup les donnes ont changé et à l’Etat major actuel de l’UFC, la seule crainte est que le leader depuis son lit de malade ne perturbe pas le schéma conçu qui serait bien huilé, selon des sources proches du parti.                                                                                                                                                                                                                                                     On a peur qu’il multiplie des déclarations tapageuses pour effriter les voix du parti.

D’autres pensent que la voix de Gilchrist Olympio est impérieuse pour la victoire de l’UFC. Son seul nom  provoque admiration, liesse et mobilisation. Reste que Fabre arrive à s’armer de ce charisme qui est naturel chez Gil en raison des maneovres du pouvoir à faire de lui la victime historique de la politique togolaise. Gilchrist est connu de Lomé à Dapaong, dans les villages et les hameaux reculés.  Gil est le chouchou de femmes, hommes et enfants. Fabre a des limites dans sa popularité et est méconnu dans certains milieux et mal aimé par certaines catégories de personnes. Mais lorsque le leader donne le ton, le vote pour Fabre passera comme une lettre à la poste. Le cas de Bob Akitani, qui malgré toutes les irrégularités qui entachaient sa personne candidate est assez caractéristique de l’importance du ton du leader de l’Union des Forces de Changement.

Reste maintenant à savoir comment l’UFC, version Fabre arrivera à définir des stratégies pour rompre les velléités de contestation pour arriver à une unanimité. Il a encore des chances pour y arriver.  

 

 

ON JUBILE AU RPT

 

La personne de Gilchrist Olympio a été et reste la menace pour le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Il est le fils du premier président de la République assassiné dans des circonstances qui impliquent le père de l’actuel président de la République, Gnassingbé Eyadéma. Gilchrist Olympio a tellement été la bête noire du régime autant de faire l’unanimité de la communauté internationale à incarner une opposition vraie. Même si, après son avènement, le Président Faure a reçu par plusieurs fois le leader de l’UFC, la menace n’est pas autant dissipée. Et voici, lorsque la situation de la candidature du leader  de l’UFC est démontrée comme délicate, et surtout lorsqu’il a été déclaré qu’il n’est pas en mesure de voyager pour effectuer la visite médicale, ce fut quoi qu’on dise une bonne nouvelle pour le parti.  Bien évidemment, lorsqu’un adversaire politique de taille se retrouve dans l’incapacité de continuer le combat, il ne va que dans l’intérêt des autres. Et c’est le cas pour le RPT aujourd’hui avec Gilchrist Olympio.

La personne de Gil a été souvent présentée comme un produit de marketing politique pour le RPT. Lorsque Gilchrist a commencé à séjourner au Togo, ce fut un point non négligeable  pour le parti au pouvoir qui a conclu que la sécurité règne et l’on n’a pas manqué d’occasion pour citer l’exemple du séjour de Gil.

Si dans la foulée de discussions, il arrive à Gilchrist de déclarer que la situation politique togolaise s’est améliorée, le RPT lui rend hommage pour avoir reconnu cela.  Et lorsque l’occasion a été donnée au RPT d’obtenir l’accord de président National de l’UFC à rencontrer le Chef de l’Etat, ce fut le couronnement de la bonne politique.  Voilà la façon dont est exploitée la personne physique et morale de Gilchrist Olympio. Mais l’autre revers de la médaille n’est pas à négliger. La popularité, le charisme et la force de mobilisation du patron de l’UFC a toujours inquiété le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Lorsque Gilchrist appelle à une manifestation publique, c’est l’insomnie au RPT et si un leader politique est aussi gênant, il n’y a pas de raison pour qu’on ne festoie pas du moins un tout petit lorsque celui-ci est dans l’incapacité de continuer à exercer.  Mais dans la situation actuelle, il est vrai que le RPT risque de tourner son fusil d’épaule contre le nouveau challenger, Jean Pierre Fabre qui s’arme aussi à tenir aussi bien politiquement que stratégiquement à combattre ses adversaires. Ceci passera par le soutien des cadres du parti et si le Secrétaire Général a déjà la bénédiction de Patrick LAWSON qui a signé son attestation d’investiture, celui-là qu’on pensait protester contre sa candidature, c’est qu’il a le soutien de la majorité des militants. Et dans ce cas, il y a encore du chemin pour le RPT d’arriver à neutraliser le plus grand parti d’opposition togolaise, l’Union des Forces de Changement.

 

LE OUF DE SOULAGEMENT AU CAR

 

La précipitation  et la solennité avec lesquelles le leader du CAR, Me Yawovi Agboyibo a été investi à quelques heures de la clôture de la candidature cachent le soulagement de ce parti à apprendre l’indisponibilité de Gilchrist Olympio à être candidat à l’élection présidentielle.

C’est de bonne guerre, dans la mesure où les relations entre les deux leaders ont été tumultueuses et faites de conflit de leadership. Pour Me Yawovi AGBOYIBO, c’est le leader de l’UFC qui est à la base des problèmes politiques que connaît l’alternance au Togo. Il n’arrive pas à matérialiser la victoire que lui confie le peuple, ceci à maintes reprises. Pour lui, une chose est de positionner un candidat de l’UFC pour remporter la victoire, une autre est que ce candidat arrive à arracher cette victoire et gouverner.  Me Yawovi Agboyibo qui avait eu le vent en poupe avant de voir sa popularité s’effriter  après son passage à la Primature aurait bien aimé être à la place d’un Gilchrist dont le père a été tué et qui arrive à mobiliser le peuple togolais autour de ses convictions. Il aurait souhaité se faire appeler leader du parti le plus radical mais hélas, il a posé des actes qui ont fragilisé  nettement sa popularité.

Aujourd’hui, se trouvant être le deuxième parti le plus important, selon la représentation à l’Assemblée nationale, Me Yawovi Agboyibo pense qu’il peut encore jouer dans la balance, et ravir la vedette à Gilchrist qui semble être physiquement et  politiquement invalide.

C’est pourquoi, le CAR multiplie des déclarations pour se faire entendre et se faire comprendre.  Mais dans la réalité, le Comité d’Action pour le Renouveau a perdu des plumes et a besoin de recouvrer une santé populaire. Les cadres du parti, tout autant divisés comme ceux de l’UFC et du RPT sur diverses questions sont soulagés de cette indisponibilité et se donnent des illusions de pouvoir profiter de cette faille pour se remettre en selle.

Maintenant, pour assurer cette nouvelle santé politique au CAR et à d’autres partis qui ne sont pas moins intéressés par une certaine « décadence » du plus grand parti d’opposition togolaise, il va falloir pour les nouveaux cadres du parti de faire attention aux actes et faits, et au leader, Gilchrist Olympio, s’il tient à la survie du parti, de se taire pour juguler la crise en interne, sinon les déclarations tapageuses ne serviront qu’à noyer définitivement la lutte historique de l’Union des Forces de Changement.

 

QUI DE FABRE OU DE GILCHRIST EST MANIPULE ?

 

Depuis l’annonce de l’indisponibilité de Gilchrist Olympio à être candidat à l’élection présidentielle, le débat est assez nourri. Beaucoup restent sceptiques sur la position et la décision du parti UFC à effectuer cette rocambolesque conversion, une décision qui est tombée un peu trop brusquement.

Des rumeurs, voire des campagnes d’intoxication se mêlent pour justifier la décision. On pense que l’UFC et son leader ont décidé  de « vendre » leur popularité au RPT contre une forte somme d’argent et quelques postes juteux dans le gouvernement à venir. Et selon ceux-ci, c’est Gilchrist qui est au centre de ce troc.

D’autres par contre pensent que depuis que Jean Pierre Fabre est le meneur des discussions de Ouaga, il a été approché par les ténors du RPT pour  saboter la candidature de l’UFC ceci contre bien évidemment des promesses.

Cette campagne se développe jusqu’à Kouvé, village du leader du CAR où le leader commence enfin par retrouver ses lettres de noblesses sur fond de cette campagne qui vise à neutraliser l’UFC. Ces informations deviennent autant inouïes que l’on ne sait exactement ce qui se passe autour de la position actuelle de l’UFC face à l’élection présidentielle. Seule, l’évolution du processus et les positions des deux parties, si elles décident de se livrer la guerre peuvent nous éclairer sur les motifs de cette volte-face.

 

L’ALTERNANCE POLITIQUE ET LA CANDIDATURE UNIQUE DE L’OPPOSITION

 

A l’allure où vont les débats politiques, où Gilchrist Olympio est hors jeu, Jean-Pierre Fabre au centre du débat, l’effectivité de la marche vers l’alternance s’effrite et la candidature unique a du plomb dans l’aile. Les analystes politiques justifient cette assertion.

Dans une interview accordée à une radio de la place, le leader du CAR Yawovi Agboyibo restait optimiste sur une véritable candidature unique de l’opposition, ceci selon ses propres termes aura le mérite de balayer le parti qui tient les rennes du pays depuis  quarante ans, bien évidemment le RPT. Ailleurs, le président du CAR, Me APEVON présentait en filigrane le portrait de celui qui pouvait être ce candidat unique et sans surprise, Dodji Apevon exposait le portrait robot de son mentor, Me Agboyibo. Une vision considérée à l’UFC comme de la moquerie pour un parti mal populaire qui demande à un plus grand de revenir soutenir sa candidature.  Un troisième larron n’est pas moins intéressé de son choix, Kofi Yamgnane soutient  la candidature unique de l’opposition, mais pense que la seule personne qui puisse l’incarner se trouverait être lui. Tout se passe comme dans un marché de nuit où chacun cache les mauvais produits de son étalage et expose les bons pour faire croire qu’il est plus malin que l’autre marchand, alors tous jouent au même jeu.

C’est le RPT qui part gagnant dans ce cafouillage de l’opposition non pas parce qu’il a la popularité nécessaire pour battre les autres candidats, mais tout simplement parce qu’il aura l’occasion de justifier ses fraudes, s’il y en a par les candidatures multiples de l’opposition, un  argument qui convainc souvent la communauté internationale et l’opinion nationale.

Face à ce schéma, le RPT est parti pour gagner l’élection, et s’engager, dans la contestation de l’UFC de Fabre, dans une logique de dialogue et de gouvernement d’Union nationale. L’opposition finira par céder après hésitations, velléités, etc, et le cycle recommence.

Les Togolais ne seront donc pas au rendez-vous de l’alternance, par la faute d’une classe politique qui est un véritable panier à crabes.

 

Carlos KETOHOU

 

ACP-INTER
 
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