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  EDITORIAL
MINISTRES DEVANT LES DEPUTES/ LES A-COTES QUI FONT MARRER
Les nouveaux ministres du Gouvernement Houngbo II étaient devant l’assemblée vendredi dernier pour présenter la Déclaration de Politique Générale. Au-delà du sérieux qui devrait marquer cette cérémonie solennelle, le palais des congrès avait fait l’objet des scènes qui devraient faire marrer les invités à cette cérémonie. Le décor, au niveau des ministres, le Premier Ministre devant comme accusé à la barre, derrière, les ministres assis en rangs d’oignons comme des ouailles, par ordre de grade, suivant le protocole. Les plus importants, à partir des Ministres d’Etat aux moins importants, aux ministres délégués.   Lire...
 
  

VIOLENCES POST-ELECTORALES : LA RESPONSABILITE DE TAFFA TABIOU ET DE ABDOU ASSOUMA MISE A RUDE EPREUVE.
(ACP-Inter/02/03/10) Le scrutin présidentiel tant attendu n’est qu’à 48 heures. Et déjà les yeux des 3 millions d’électeurs ne sont pas rivés sur le 04 Mars qui est le jour du scrutin mais plutôt au lendemain de cette journée fatidique. Et pour cause le jour du scrutin même ne constitue pas un grand problème mais ce sont les jours suivants où les yeux sont rivés sur la proclamation des résultats tant provisoires que définitifs ; la non proclamation des résultats issus des urnes par les institutions compétentes provoque la colère des électeurs qui se déchaînent dans les rues. Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et Cour Constitutionnelle sont chargées respectivement de proclamer les résultats provisoires et définitifs de cette élection. Taffa Tabiou et Abdou ASSOUMA joueront-ils franc jeu ?

Selon les dispositions du Code électoral en vigueur au Togo, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est chargée de l’organisation, de la supervision et de la proclamation des résultats provisoires des différentes élections. Après cette étape, la Cour Constitutionnelle intervient pour prononcer le verdict final, c’est-à-dire la proclamation des résultats définitifs.

Aujourd’hui ces deux institutions sont présidées respectivement par Issifou Taffa TABIOU et Abdou ASSOUMA.

Ces deux hommes ont une lourde responsabilité durant le processus électoral en cours dans le pays. Ils en sont conscients. C’est pourquoi tour à tour, les membres s’étaient formés en novembre dernier sur la gestion d’un processus électoral à Notsè et ceux de la Cour Constitutionnelle le week-end dernier au même endroit sur la gestion des contentieux électoraux. Une manière de préparer ceux-ci à jouer dans la loyauté leur rôle dans l’intérêt supérieur de la nation. Mais l’histoire électorale togolaise ne rime pas avec la formation des agents et institutions impliqués dans l’organisation des différents scrutins.

La population togolaise dans son ensemble reproche aux premiers responsables de s’adonner à la politique du ventre et les vrais résultats des élections sont sacrifiés à l’autel des espèces sonnantes et trébuchantes. Les conséquences immédiates sont protestations et les violences tous azimuts. Et l’on se demande à quoi servent les formations et recyclages faits aux acteurs électoraux. Le peuple togolais a un souvenir très amer des élections surtout ces deux dernières décennies.

Ce souvenir, certains l’imputent aux premiers responsables des institutions précitées et d’autres au régime RPT.

Le 21 Juin 1998, Awa Nana qui présidait la Commission Electorale avait déclaré qu’elle n’était pas en mesure de proclamer les résultats provisoires de l’élection présidentielle. Ainsi elle a jeté l’éponge prétextant que des menaces pesaient sur elle. Elle n’avait pas pu donc proclamer les résultats. Ceci fut fait par le ministère de l’Intérieur puis entériné par la Cour Constitutionnelle.

Cinq ans plus tard, le 1er Juin 2003, Kissem Tchangaï WALLA alors promue à la tête de la CENI avait proclamé des résultats qui ont causé un véritable tôlé au sein de la population qui malgré les bourdes s’était résignée devant les mitraillettes, les Kalachnikov et autres armements déployés pour mater ceux qui oseraient contester les résultats.

Deux ans après, Eyadema GNASSINGBE mourut presque à mi-mandat en Février 2005. Il fallait donc organiser des élections dans les 60 jours qui suivaient son décès conformément à la constitution. Ainsi le 24 Avril de la même année, des élections étaient organisées cette fois-ci par le ministère de l’Intérieur. M. Akila Esso BOKO qui détenait alors ce portefeuille ministériel a rendu son tablier à 48 heures du scrutin, le 22 Avril, arguant que les conditions n’étaient pas réunies pour organiser des élections transparentes. Il était qualifié d’irresponsable par Abass BONFOH qui assurait la présidence de la République par intérim. Il fut remplacé dans moins de 24 heures par son collègue de la Justice, Foly Bazi Katari proclamait les résultats provisoires du scrutin présidentiel le mardi 26 Avril en faveur de Faure Gnassingbé et subitement et spontanément les populations se sont révoltées dans plusieurs villes du pays. Au final, on a assisté à la répression sanglante des militaires et selon un rapport de l’ONU, il y avait au total 500 morts à l’époque.

Un autre cas plus récent concerne les législatives de 2007. Potopéré TOZIM alors président de la CENI n’avait pas pu proclamer les résultats de la circonscription électorale de Lomé Commune. On se rappelle dans cette circonscription il y avait eu de véritables cafouillages et de tiraillements.

Selon des informations recueillies auprès des partis de l’opposition à l’époque, M. TOZIM serait impliqué dans une magouille visant à attribuer frauduleusement un siège au Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) alors qu’il devrait revenir selon le dépouillement à l’Union des Forces de Changement (UFC).

Des heurts s’étaient produits au siège de la Commission Electorale Locale Indépendante (CELI) de Lomé Commune entre les militants de l’UFC et les responsables de cette structure. Les éléments de la Force Sécurité Election Législative 2007 étaient intervenus en matant les militants de l’UFC.

Toutes ces illustrations devraient interpeller la conscience des uns et des autres afin de proclamer rien que les résultats des urnes.

Et Faure GNASSINGBE qui est candidat à sa propre succession durant le scrutin de jeudi prochain, a fait de la non-violence, son mot d’ordre de campagne. Il est donc important pour le Président de la République de laisser libre cours à ceux qui ont la charge d’organiser et de proclamer les résultats de l’élection. Aux deux vedettes de la proclamation des résultats, Taffa TABIOU et Abdou ASSOUMA, ils ont une grande responsabilité. Ils ont le choix irréversible de rentrer dans l’histoire par la grande porte car le problème togolais est aussi une crise de confiance aux institutions et aux hommes qui les animent. Taffa Tabiou qui a déjà hésité pendant longtemps avant de satisfaire quelques-unes de revendications de l’opposition notamment l’utilisation des bulletins à souches et leur authentification a déjà la population qui suit minutieusement ses pas et ses prises de position à travers les multiples communiqués avec lesquels il l’arrose.

Tabiou et M. ASSOUMA sortiront grandis de cette élection s’ils arrivaient à transcender leur concupiscence, et l’aveu d’incapacité de certains de leurs prédécesseurs. La responsabilité rien que la responsabilité devrait être leur cheval de bataille.

ACP-INTER
 
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