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  EDITORIAL
MINISTRES DEVANT LES DEPUTES/ LES A-COTES QUI FONT MARRER
Les nouveaux ministres du Gouvernement Houngbo II étaient devant l’assemblée vendredi dernier pour présenter la Déclaration de Politique Générale. Au-delà du sérieux qui devrait marquer cette cérémonie solennelle, le palais des congrès avait fait l’objet des scènes qui devraient faire marrer les invités à cette cérémonie. Le décor, au niveau des ministres, le Premier Ministre devant comme accusé à la barre, derrière, les ministres assis en rangs d’oignons comme des ouailles, par ordre de grade, suivant le protocole. Les plus importants, à partir des Ministres d’Etat aux moins importants, aux ministres délégués.   Lire...
 
  

RESULTATS DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE/ FABRE – FAURE : JUSQU’OU IRA LE BRAS DE FER ?
(ACP-Inter/09/03/10) La publication par la Commission Electorale Nationale Indépendante des résultats de l’élection présidentielle du 04 mars dernier a suscité la contestation du candidat du FRAC, Jean Pierre Fabre. Une contestation qui découle déjà sur des manifestations et interpellations, et qui annonce les couleurs d’un lendemain incertain pour la situation politique togolaise. Jean Pierre Fabre qui annonce la nomination prochaine d’un Premier Ministre, Faure Gnassingbé s’apprêtant à prêter serment et à former un nouveau gouvernement. Imbroglio général qui recentre le débat des élections au Togo. Un contexte élection, contestation dialogue et le cycle recommence. Va-t-on aller à cette nouvelle aventure où y a t –il matière à espérer d’un dénouement heureux du bras de fer ?

C’est vendredi, 05 mars 2010, lendemain du scrutin présidentiel que le candidat de l’UFC soutenu par le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement, le FRAC, Jean Pierre Fabre a annoncé au cours d’une conférence de Presse qu’il est le vainqueur de l’élection présidentielle. Il annonçait cette victoire en apportant la preuve d’être largement en tête après le dépouillement des deux tiers des bulletins qui concernaient les Régions Maritime et Plateaux. La candidat était visiblement prêt à contester au cas les résultats de la CENI apporteraient la preuve du contraire. Et justement, la situation des résultats a évolué exactement comme le craignait Jean Pierre Fabre. Faure Gnassingbé, candidat du RPT est venu en tête du scrutin avec  plus d’un million de voix (1.243.044) suivi de Jean Pierre Fabre qui se retrouve avec près de la moitié, 692.584 voix. Une débâcle qui a sorti le candidat de l’UFC de ses gongs pour protester et vigoureusement.

Depuis hier, les Forces de Sécurité de l’Election Présidentielle FOSEP tentent en vain de maîtriser les militants en colère de l’opposition mobilisés autour de Jean Pierre Fabre. Les autres candidats de l’opposition qui ont été désillusionnés par la population restent pour l’instant dans une situation d’analyse, n’ayant pas fini de digérer la fessée électorale à eux infligée par l’Union des Forces de Changement qui demeure le plus grand parti d’opposition au Togo. Le CAR proteste contre les résultats qui font de Faure Gnassingbé le vainqueur du Scrutin, annonçant une recours en annulation de l’élection. La CDPA a pris tout simplement acte de son échec en constatant la bipolarisation de plus en plus marquée de la vie politique togolaise et demande que toute contestation soit examinée sans complaisance dans la sécurité avec le concours de la communauté internationale. Une interpellation de la cour constitutionnelle qui est compétente pour valider les résultats provisoires publiés par la CENI après étude des recours des autres candidats.

Il est vrai, les élections au Togo ont été toujours émaillées d’irrégularités, de fraudes et de violence. Et malheureusement, ce sont les institutions chargées de les organiser qui  manquent à leur devoir. La CENI n’allant souvent pas jusqu’au bout de sa mission en faisant publier les résultats soit par un ministre de l’Intérieur ou soit dans des conditions qui frisent la fraude. Un autre candidat, Agbéyomé Kodjo a proclamé Jean Pierre Fabre vainqueur tout en demandant menaçant d’assurer l’alternance.

Voilà donc le contexte politique qui empoisonnent déjà la sérénité socio politique du Togo, les activités normales étant limitées par la peur des manifestations et des troubles. Ce qui laisse croire à une instabilité même si les autorités togolaises prennent des dispositions musclées pour sécuriser le pays en appelant les populations à ne pas céder  à la panique.

 

Autopsie d’un scrutin surprenant

 

En analysant les résultats proclamés par la Commission Electorale Nationale Indépendante, il est aisé de conclure que le scrutin de 04 mars délivre des messages à tous les candidats.

 

Le Taux de participation  insuffisant

 

Le taux d’abstention  qui avoisine les 46% démontre la lassitude des togolais à vivre des processus électoraux  qui se ressemblent les uns les autres : les mésententes régulières dans les rangs de l’opposition qui fini par partir en rang dispersé, les cafouillages dans l’organisation du scrutin et la proclamation des résultats qui suscite légendairement  des contestation et des protestation et l’aboutissement naturel au dialogue avec la partage du pouvoir  dans des contextes assez personnalisés et le cycle recommence pour une nouvelle élection. Cette situation la plupart des togolais en ont marre et ne s’inscrivent pas dans la logique d’aller voter et voir leur voix traînée dans le boue des comportements de politiciens qui ne veulent vraiment pas amener les populations à véritablement jouir de leurs droit civique.  Le taux de participation du scrutin du 04 mars dernier est de 64,68%, un taux inférieur à celui des élections législatives de 2007. Il pénalise naturellement plus l’opposition, puisque c’est dans les zones réputées acquises à celle-ci que les togolais ne sont pas sortis nombreux pour voter.

 

Le taux des bulletins nuls

 

L’élection présidentiel du 4 mars a connu 79 283 bulletins nuls soit 3,74%, un taux qui avoisine le score des cinq derniers candidats réunis. Décrypté, il dénote le niveau très bas de l’instruction civique des populations. Cela pourrait être évité si l’Etat et les partis politiques menaient de véritables séances de sensibilisation au vote à l’endroit des citoyens. Le niveau d’instruction étant bas, il faudrait mettre l’accent sur l’éducation civique des populations puisque sur les bulletins il a été constaté beaucoup d’anomalies. Les uns se trompe de candidats et finissent par apposer l’encre dans deux cadres réservés, les autres choisissent carrément d’autres endroits du bulletin pour y mettre de l’encre qui fini par tacheter toutes autres parties. Bref, l’annulation des bulletins pouvait aussi être évitée pour assurer un scrutin sain.

 

L’avancée du RPT dans les fiefs de l’opposition

 

D’après les résultats de la Commission Electorale Nationale Indépendante, l’opposition a pratiquement perdu dans ses zones d’influences. Dans le passé et au regard des résultats des élections législatives, l’opposition maintenait suffisamment le cap dans les zones du Sud, Lomé Commune, Ogou, Yoto, Kloto, Moyen Mono et même dans la Savane. Mais ce scrutin a permis, tout en se fiant aux résultats de la CENI que c’est la débâcle totale avec le candidat le plus significatif de l’opposition Jean Pierre Fabre. A travers les résultats de la CENI, on semble comprendre le désintérêt subit des togolais face aux stratégies de l’opposition à conquérir le pouvoir. Cela s’explique sans ambages.

L’opposition togolaise a brillé dans ce processus électoral par le cafouillage et l’imprécision. Elle n’a pas su drainer les populations vers une assurance à aller aux élections et à les remporter.  La preuve, au moment où le RPT était déjà en campagne anticipée, celle qui voyait le président Faure sur tous les fronts offrir aux populations des outils et inaugurer des réalisations, les partis d’opposition perdaient le temps à réclamer un scrutin à deux tours qu’il n’obtiendront jamais et au pire des cas à se disputer entre eux.

De même au moment où le RPT appelait ses militants à aller s’inscrire sur les listes électorales, l’opposition nourrissait l’espoir chez les populations que les élections ne se tiendront, ce qui  démobilisait naturellement ses militants qui finalement ont été surpris par la tenue d’une élection à laquelle ils étaient sensés participer, mais n’avaient de pas de cartes d’électeurs. Autre situation qui a sanctionné l’opposition est la disproportion  des moyens de campagne. Les populations aspirent au changement et à l’alternance, mais aussi au bien être. La pauvreté et la misère dans laquelle sont plongées les populations les obligent à céder à n’importe quelle manipulation. Lorsque les populations se bousculent pour de simples gadgets, lorsque villages entiers acceptent de prendre des cargos pour  venir à des meetings et s’en sortir avec quelques billets de banques, lorsque les taxis moto sont rassurés qu’ils auront leur carburant quotidien et en plus  de l’argent pour juste faire une caravane et lorsque les jeunes qui participent aux mouvement de l’opposition ont du travail ou des promesses de travail avec des avances, il est clair que le terrain ne sera plus favorable à l’opposition. Une population est souvent séduite par le contenu des discours des candidats. Dans la comparaison, le discours de campagne  des partis d’opposition togolaise n’était pas à la hauteur du niveau des populations togolaises qui ont acquis une maturité dans la vision d’appréhension. Ne possédant pas les moyens de l’Etat, ils n’avaient aucun argument à faire valoir, ni aucune réalisation à vanter alors que Faure a réussi à effectuer des réalisations avec des moyens de l’Etat qui ont servi de béquilles à sa campagne.

Or, au début de la campagne  électorale, alors que le programme du RPT de l’OBUTS, du PRR étaient disponible et ses distribuaient comme du petit pain, les principaux partis n’avaient pas encore leur programme disponible. Le quotidien National Togo Presse, dans sa mission d’effectuer l’équité requise à dû laisser la place vide  qui était consacré au CAR de Me Yawovi Agboyibo. Une page restée vierge tout simplement parce que ce candidat n’avait pu fournir son programme. Ceci constitue une légèreté grave pour un candidat qui aspire à la magistrature suprême. Et pour couronner le tout, l’avantage que le RPT avait sur les partis d’opposition est l’impact d’une campagne nourrie de distribution de gadgets, d’argent et une manœuvre redoutable d’achat de conscience. Aux dernières heures de la campagne, ceux qui avaient eu la chance d’être approché par le RPT ont dû savourer des fruits de la manipulation. Et cela a eu son effet le lendemain, jour du vote.

 

La fessée électorale à Agboyibo et ses compères

 

Les résultats de l’élection présidentielle du 04 mars dernier ont permis de comprendre que les togolais ne sont pas dupes et observent les leaders qui tentent de mener tout un peuple en bateau par des jeux de cache-cache. Celui qui a le plus été sanctionné pour son inconduite et sont caractère de duplicité est Me Yawovi Agboyibo. Laminé à travers le pays, tutoyé dans son propre fief par le RPT, le leader du CAR vient très loin en troisième position  avec un peu plus de 2% des voix. C’est un affront pour ce parti dont le leader ne cesse de zézayer entre l’opposition et le RPT sans considération pour ses électeurs. Les populations togolaises ont compris, les électeurs du Yoto natal ont compris que leur leader n’est pas différent de celui du RPT et ont plutôt voulu rendre utile leur voix en votant pour le RPT. A l’analyse, à défaut de se rallier au candidat du FRAC que Me Agboyibo n’a cessé de critiquer, il lui aurait fallu de clarifier sa position en appelant à voter pour le RPT. Ce faisant, le CAR a aujourd’hui la même carrure et la même implantation politique que la CPP d’Edem Kodjo, ou encore la NDPD de Yidi Justin et pourquoi pas, le Nid, le PDP, et autres sigles qui distraient la scène politique togolaise.

Avec ce vote sanction, il est clair que la question de la candidature unique, loin d’apporter un plus au plus grand parti de l’opposition viendra tout simplement cacher les tares et les insuffisances des partis comme le CAR que le scrutin de 2010 vient de démasquer à suffisance.

 

 

Le rôle trouble de Gilchrist Olympio

Le rôle joué dans ce processus par le leader de l’UFC, Gilchrist Olympio est incompréhensible. Voilà un leader qui est rendu indisponible par son état de santé à venir déposer son dossier de candidature, remplacé par son homme de main, il pique une colère d’hérisson en multipliant des déclarations tapageuses qui ont fini par fragiliser le candidat d’un parti qu’il a rendu populaire. Ce rôle trouble de Gilchrist Olympio n’a pas du tout rendu service à Jean Pierre Fabre qui a perdu des plumes surtout qu’à son retour, au lieu de rectifier le tir en manifestant son soutien à Jean Pierre Fabre, Gilchrist Olympio s’est engagé dans des discours du genre à ne point donner crédit et importance au candidat de son parti. Ceci n’aura pour résultat que de réduire les voix au candidat de l’UFC lors de l’élection.

 

Le contexte alambiqué

 

Le contexte politique actuel est à présent alambiqué. Faure Gnassingbé proclamé vainqueur de l’élection reste serein et attend la suite que réserve la cour constitutionnelle qui à priori ne va rien changer aux résultats de la CENI. Alors que cette sérénité se fait remarquer au RPT, l’UFC promet des lendemains d’insomnie aux autorités. L’annonce de la nomination d’un Premier ministre en la personne de Kofi Yamgnane et de la formation d’un gouvernement par Jean Pierre Fabre donne des sueurs chaudes au RPT qui sera résolu à ouvrir les négociations.

Négociations à travers un dialogue politique qui aboutira à la formation d’un nouveau gouvernement qui sera composé des partis alimentaires et opportunistes et du RPT, l’UFC de Fabre n’étant pas  a priori prête pour cette solution.  C’est la rengaine qui risque encore de voir les politiciens togolais entrer et sortir dans ce scénario sans consistance. Or au RPT, l’ouverture d’un dialogue politique en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale est synonyme de la reconnaissance d’une élection dont les résultats ne reflètent ceux annoncés par la CENI. Dans un pays normal, à une élection normale, le vainqueur a le libre choix d’organiser la gestion du pays. Cela permet de justifier son mandat, or, pour les cinq dernières années, ce furent des gouvernement de soubresauts, où certains après avoir collaboré avec le RPT  travers un dialogue politique se sont mis dehors pour se remettre dans leur peau d’opposant et critiquer ce qu’ils ont contribuer à gâter dans le pays.

 

L’issue du bras de Fer

 

La cour constitutionnelle va se prononcer sur les résultats de la CENI ; si c’est le RPT qui est confirmé, il lui appartiendra de gouverner et de produire un bilan après cinq ans et c’est à l’issue de cela que le peuple saura en quoi il est possible de sanctionner le RPT ou de lui renouveler sa confiance. Quant au bras de fer qui oppose Jean Pierre Fabre à Faure, chacun reste dans l’attente de l’aboutissement de ce duel. Faure l’emportera s’il maintien le cap de la conservation de sa victoire, Fabre l’emportera s’il trouve les moyens  de revendiquer sa victoire et de l’assumer. Tout passera donc par les méthodes et les stratégies de l’un et de l’autre pour la survie de la Démocratie au Togo

ACP-INTER
 
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