Dans une interview récente accordée par le sieur
Kwassi Klutsé, Président du Conseil d’Administration, il a été question de
la restructuration du conseil de l’IDH en vue de faire face à la crise qui
secoue l’ONG. L‘ancien Premier Ministre, rusé de son état a introduit cette
actualité pour contourner les appels incessants des Togolais qui
interpellent les autorités à intervenir pour que les milliers d’épargnants
de l’institution de micro finance entrent en possession de leur argent.
Ailleurs, chez les membres, les grincements de
dents sont devenus une réalité
dans les rangs de ceux qui ont décidé de mettre leurs liquidités dans la
micro finance IDH. L’amertume
est donc perceptible sur presque tous les visages. Les épargnants qui
manifestent, il y a un moment leur désir de se faire rembourser leurs
sommes, sont confrontés à une situation inédite : le report sur
report. La situation de crise a commencé depuis très longtemps lorsque les
employés du Réseau manifestaient pour exiger leurs salaires. Ils sont des
centaines à être recrutés dans la ribambelle de structures mises en place
par ce réseau mais qui ne sont pas payés. Quelques semaines après ces
mouvements d’humeur, c’est un cambriolage qui a été annoncé dans l’une des
agences sise à la Direction
Générale. Les cambrioleurs auraient emporté d’importantes
sommes d’argent, alors que les portes et fenêtres au lendemain du prétendu
vol n’ont pas été forcées. On les aurait ouvert tranquillement, beaucoup
ont conclu qu’il s’agissait d’un montage, méthode de voyou.
C’est après tout ceci que de plus en plus, les
épargnants tant à Lomé qu’à l’intérieur du pays se heurtent à l’absence de
liquidité dans les agences de micro finance IDH. Un à un, les agents
collecteurs d’argent et les responsables des agences ont fermé les portes
surtout dans les villages pour prendre la clé des champs, laissant les
pauvres populations dans l’angoisse. A Lomé, ceux qui connaissent le
domicile de l’ancien Premier Ministre s’y sont rendus en délégation suivant
les affinités : 5, 10 ou 15. Le dignitaire du RPT, pour calmer les
ardeurs sert des plats de riz ou de haricots à ses visiteurs, les rassure
que les choses rentreront bientôt dans l’ordre dans un ton assez plaintif
qu’on lui reconnaît avant de leur faire des promesses de prêts avec des
intérêts presque nuls. Il les raccompagne jusqu’à 100 mètres de
sa maison avant de revenir donner l’ordre à ses ouvriers de continuer les
travaux de son gigantesque château qu’il érige à Avénou à son
domicile.
Justement à propos du Château, c’est un colossal
immeuble encore en chantier qui a l’allure de ces Châteaux des périodes
Louis XIV en France. Gros piliers plombés dans du béton soutenant des
tonnes de murs et de dalles le tout imbibé d’une décoration architecturale
gothique qui sied plutôt aux sultans saoudiens. Un domaine vaste étendu à
perte de vue sur plus de 6 lots selon des experts avec à la clé de grands
salons, de grandes pièces, de grandes vérandas, deux ou trois piscines.
Il est prévu du matériau de décoration qui
s’évalue d’après nos enquêtes à plus d’un milliard de Francs CFA, avec un
ameublement qui coûte pareil.
Les marbres, accessoires de douches, les
lumières de fonds seront importés. Le chantier est en cours et a déjà avalé
la bagatelle de 5 milliards selon des estimations d’experts. Une partie du
château, située au fond est déjà habitée.
Pingre et cupide, malingre et avare, Kwassi
Kloutsè se heurte fréquemment aux revendications des ouvriers et entrepreneurs qui sont sur le chantier.
Ils en renvoient souvent pour en recruter d‘autres. Tout un monde qui
attend que justice soit rendue un jour.
Les déboires du propriétaire de la somptueuse
villa, patron de IDH ont commencé depuis qu’il a bénéficié d’un prêt de
plus de 30 milliards auprès de la Banque Régionale de Solidarité
(BRS). Au lendemain de ce prêt, il a nommé son propre fils Directeur
Général de l’entreprise et l’a entouré de dizaines d’agents natifs
d‘Agbélouvé, son village natal. Le jeune Kloutsè s’est engagé dans la folie
meurtrière des dépenses. Voyages incessants avec jeunes demoiselles,
soirées de gala avec amis, achats de biens de luxe etc. Rien de plus normal
que l’entreprise familiale coule, et, avec l’argent des épargnants.
Ils sont nombreux à être dans le système de
micro finance IDH. Presque toutes les localités sont couvertes, du Sud au
Nord. Même des villages difficilement accessibles comme Danyi, dans le
Kloto, ou Boulohou et Dzerkpanga dans le Sotouboua sont couverts par IDH.
On y voit une plaque et un petit bureau qui sert à collecter l’argent pour
les soins de la famille Kloutsè. Aujourd’hui, ils sont tous sur le carreau.
Les bureaux se ferment les uns après les autres, les agents disparaissent
des coins, et aucune garantie n’est donnée à ces milliers de pauvres
Togolais qui épargnent l’argent gagné à la sueur du front.
Aujourd’hui, c’est la désolation totale. Les
autres structures estampillées IDH sont en difficulté. Ecoles de formation
et autres institutions. Kwassi
Kloutsè a tout embrassé dans son réseau IDH, toute une panoplie d’activités
qu’il se donne la peine de contrôler à lui, tout seul. D’après nos
enquêtes, plusieurs filières sont présentes à IDH : secrétariat de
Direction, Comptabilité, journalisme et communication, production
audiovisuelle, Cuisine, génie civil, commerce international, transports
logistiques, restauration,
tourisme, développement durable assortis de diplômes plus ou moins sérieux
délivrés avec la complicité une Université du Bénin (USTB : Université
de Sciences et Technologie du
Bénin). Kwassi Klutsè fait tout. Il suffit pour lui de recevoir un candidat
qui veut s’inscrire dans un domaine précis qu’il invente ce domaine.
Gabegie et incompétence obligent, les diplômes ne sont jamais délivrés à la
fin des sessions. La preuve, les étudiants qui ont terminé le cycle DUT
2006 traînent encore sans leurs diplômes. On ne sait pour quelle raison.
Kwassi Kloutsé s’investit à partir de l’Humain
que d’investir dans l’Humain. Il est serein, étant un tenant du pouvoir
RPT, candidat malheureux aux dernières législatives, il compte sur le
pouvoir qui a toujours protégé les crimes et gangstérismes économiques. La
plupart des autorités étant elles mêmes des fossoyeurs de l’économie.
L’argent des épargnants et la responsabilité de
l’Etat
Il n’y a pas à chercher loin que l’argent des
épargnants rentre affectueusement dans le géant Chantier de Kwassi Kloutsè.
C’est logique chez la plupart des épargnants qui connaissent l’histoire de
ce château qui a commencé par s’ériger juste au moment où les collectes de
fonds pour les micro finances fonctionnaient à merveille. C’est ce qui fait que l’interdiction
par les autorités togolaises de ReDéMare même si elle est légitime, est perçue comme une injustice dans
la mesure où l’ancien Premier Ministre RPT jouit impunément des milliards
de pauvres populations au nom d’une micro finance.
La stagnation de l’économie togolaise s’explique aussi par les crimes
économiques impunis. Les scandales financiers devraient être sanctionnés avec rigueur afin
d’éviter des récidives. Malheureusement, la corruption s’érige en système
d’Etat, ce qui encourage les
fossoyeurs de l’économie togolaise. Le pouvoir togolais est un cercle miné
par la corruption et l’impunité. Des mains noires bénéficieraient de cette
situation qui prévaut à IDH MICRO FINANCE, surtout les nageurs dans l’eau
trouble.
L’Etat a l’obligation de surveiller les
activités des sociétés qui opèrent sur le sol togolais.
Les adhérents ont commencé
depuis à réclamer leur argent déposé à IDH sans gain de cause. Il
revient à l’Etat de jouer sa partition en interpellant Kwassi Kloutsè afin
qu’il rembourse les épargnants. Ces derniers ne veulent rien d’autre que de
rentrer dans leurs droits. S’il le faut, l’Etat pourrait confisquer les
biens du patron de IDH et les revendre pour rembourser les ayants
droit.
Au-delà de tout, l’Etat doit veiller à ce que
des individus véreux ne
s’enrichissent illicitement au dos des populations qui vivent d’ailleurs
dans la précarité. Il doit jouer le rôle régulateur au lieu d’être complice de la misère dans
laquelle les populations en quête du mieux-être végètent. Au Togo,
lorsqu’on appartient au parti au pouvoir, le Rassemblement du Peuple
Togolais, on peut voler, piller, tuer et massacrer sans être poursuivi. C’est la loi du plus
fort qui sévit, de génération en génération